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Ce que l’arrêté du 25 mai 2004 impose vraiment au récolement

Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture Par Jimenez Julien

Chapo

Beaucoup de campagnes s’alourdissent de contraintes que le texte ne demande pas, pendant que des obligations réelles passent à la trappe. Cet article sépare ce que la réglementation exige du récolement décennal, ce qu’elle laisse à l’appréciation de l’établissement, et les croyances qui coûtent des mois de travail inutile.

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Registre d’inventaire relié ouvert sur un pupitre de réserve, une main gantée maintenant la page à côté d’un tampon et d’un porte plume
Le Cahier de récolement, magazine de Cimaisia. Illustration publiée le 3 septembre 2026.

Avant d’engager des vacations, relisez les textes. L’arrêté du 25 mai 2004, pris pour l’application de la loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, fixe ce qu’un récolement décennal établit. L’essentiel: vérification et traçabilité.

Voici une lecture opérationnelle du périmètre réglementaire, du procès verbal attendu et des statuts à donner aux écarts. Règle de méthode: Cimaisia documente le constat sans jamais se substituer au registre d’inventaire réglementaire.

D’où vient l’obligation de récoler

L’appellation Musée de France et les devoirs qui l’accompagnent

La loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France impose un inventaire réglementaire et un récolement périodique. L’arrêté du 25 mai 2004 fixe les normes techniques de l’inventaire, du registre des biens déposés et du récolement, et l’horizon décennal. Ces textes s’appliquent à tout Musée de France, communal, intercommunal, associatif ou universitaire, sans exemption liée à la taille de l’équipe scientifique.

En pratique: l’inventaire se tient en continu, au fil des entrées, sorties et modifications. Le récolement est un contrôle périodique de la présence, de la localisation, de l’état et du marquage. Les dépôts relèvent d’un registre séparé et d’un suivi particulier.

Le récolement comme opération de contrôle, pas comme inventaire bis

Le récolement ne réécrit pas la notice d’inventaire ni ne refait une campagne photographique exhaustive. Il vérifie l’existence matérielle de l’objet, son emplacement effectif, l’état apparent sous forme de constat d’état, et l’existence d’un marquage. Toute divergence est décrite et classée, sans altérer la ligne d’origine du registre d’inventaire.

Conséquence: une campagne de récolement produit un procès verbal qui atteste du contrôle, adossé au registre existant. D’où l’intérêt d’un plan réaliste et d’un découpage en campagnes par salle, vitrine, travée et étagère. Pour structurer ce plan, voir Rédiger le plan de récolement décennal, travée par travée.

Ce que le texte impose, point par point

Vérifier chaque bien inscrit à l’inventaire, un par un

L’arrêté du 25 mai 2004 exige la vérification décennale de chaque bien inscrit au registre d’inventaire. Elle couvre présence, localisation, état apparent et marquage, objet par objet, sans échantillonnage.

  • Périodicité: un récolement par décennie, calé sur un plan de récolement couvrant l’intégralité des collections.
  • Périmètre: tous les biens inscrits à l’inventaire, y compris ceux en prêt sortant ou en restauration, à documenter le cas échéant.
  • Constats attendus: présence, localisation, constat d’état synthétique, marquage ou justification de l’impossibilité matérielle de marquer.

Dresser un procès verbal de l’opération

Le récolement donne lieu à un procès verbal écrit, daté et signé, retraçant méthode, périmètres, constats et écarts. Ce document, archivé avec ses annexes, engage la responsabilité du responsable des collections; dans la plupart des collectivités, la signature de l’autorité territoriale consacre la prise d’acte.

Le procès verbal ne remplace pas le registre d’inventaire, il y renvoie. On y joint le tableau d’avancement, la liste des biens non localisés et, le cas échéant, la liste des biens récolés avec écart de description. Une synthèse par réserve ou par salle facilite la lecture par le conseiller musées de la DRAC.

Tenir un registre distinct pour les biens déposés

Les dépôts ne se mélangent pas à l’inventaire des collections propres. Un registre des biens déposés, conforme aux normes de l’arrêté du 25 mai 2004, est tenu à part, avec la traçabilité des entrées, sorties et mouvements. Le récolement couvre ces dépôts selon des modalités spécifiques, en articulation avec la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art.

Ces obligations valent pour tous. Un petit musée communal à deux agents doit la même exhaustivité de vérification et la même formalisation qu’un établissement plus doté. Le texte ne prévoit aucun seuil dérogatoire.

Ce que le texte n’impose pas, contrairement à ce qu’on entend

Aucun logiciel, aucun format de fichier imposé

Aucun article n’impose un logiciel, un appareil ou un format unique. Le résultat doit être vérifiable et traçable: relevé clair, correspondance certaine avec les lignes de l’inventaire, annexes lisibles. Vous pouvez travailler hors ligne en réserve ou au tableur, pourvu que la preuve du cheminement entre inventaire et constats soit solide.

L’outil sert à structurer la campagne, à rapprocher relevés et inventaire, à classer les écarts et à produire un procès verbal opposable, sans toucher au registre.

Aucun modèle national unique de procès verbal

Le texte exige un procès verbal, pas un formulaire type. Le document rend compte des périmètres, de la méthode, des moyens, des échéances, des constats et des suites données aux écarts. La structure peut varier, dès lors que l’on relit et vérifie la correspondance entre inventaire, plan de récolement et relevés en réserve.

Pour éviter les oublis avant signature, appuyez-vous sur la checklist avant signature du procès verbal de récolement. Vous sécurisez l’archivage et la transmission au Service des musées de France.

Aucune obligation de tout restaurer ni de tout reconditionner

Le récolement n’est pas un chantier des collections généralisé. Le texte demande un constat d’état synthétique, pas une restauration ni un dépoussiérage systématique. Les opérations de conservation préventive ou de reconditionnement se planifient à part, à partir des constats et selon les moyens disponibles.

Les suites sont graduées: signalements, priorisation d’actions, documentation des recherches. D’où le classement des constats en catégories, sans altérer les lignes du registre d’inventaire.

Les quatre suites possibles pour un bien récolé

Récolé conforme et récolé avec écart de description

Lorsque présence, localisation, état et marquage concordent avec l’inventaire, l’objet est récolé conforme. En cas de divergence descriptive mineure (dimension rectifiée, matériau précisé), il est récolé avec écart de description. L’inventaire est alors mis à jour selon la procédure en vigueur, avec traçabilité du changement.

L’enjeu est la démonstration de continuité: l’objet contrôlé correspond sans équivoque à la ligne inventoriée. Le procès verbal doit le permettre, sans confusion avec une notice réécrite.

Catégorie Constat au récolement Effet sur le registre
Récolé conforme Présence, localisation, état et marquage concordants Pas de changement, mention du contrôle dans le dossier
Récolé avec écart de description Divergence mineure dans la description Mise à jour documentée de la notice, traçabilité conservée
Bien non localisé Objet non trouvé au lieu attendu, recherches engagées Ligne maintenue, statut de recherche, dossier de suivi
Non inventorié trouvé Objet physiquement présent, hors inventaire Ouverture d’une procédure d’inventaire selon les normes

Bien non localisé: un statut de recherche, pas une radiation

Le bien non localisé demeure inscrit à l’inventaire. Aucune suppression de ligne n’est prévue: le statut signale une recherche en cours. Les diligences post récolement sont documentées: vérification des transferts, dépôts temporaires, prêts, chantiers antérieurs, changements de localisation non reportés.

Le procès verbal annote l’objet en non localisé et renvoie à un dossier de recherches, avec calendrier de relances. Cette documentation protège l’établissement et matérialise les efforts entrepris, notamment lors des échanges avec le conseiller musées de la DRAC.

Bien non inventorié trouvé en réserve

Un objet présent mais non inscrit est classé non inventorié trouvé. Pas d’inscription hâtive: on vérifie l’absence de doublon, les anciennes listes manuscrites, dons et legs, et les mouvements, puis on engage la procédure d’inventaire prévue par l’arrêté du 25 mai 2004.

Le procès verbal relate la découverte, l’emplacement, l’état et la décision de traitement. L’identification est sécurisée avant attribution d’un numéro d’inventaire conforme.

Ce qui se transmet, à qui, et sous quelle forme

Le rôle du conseiller pour les musées de la DRAC

Le procès verbal de récolement, daté et signé, est la pièce centrale de l’échange avec l’État. Il est adressé, avec ses annexes, au Service des musées de France, le plus souvent par l’entremise du conseiller musées de la DRAC, qui vérifie cohérence, exhaustivité du périmètre et qualification des écarts.

La transmission s’accompagne, selon les cas, d’une liste des biens non localisés et d’un tableau d’avancement. Le format est laissé à l’établissement si la lecture est claire et la traçabilité entre inventaire et relevé établie. Pour des informations institutionnelles, voir le portail du ministère de la Culture culture.gouv.fr.

Le cas particulier des œuvres déposées par l’État

Les dépôts d’œuvres de l’État suivent une voie distincte: le récolement est suivi par la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art, qui attend une réponse du dépositaire. L’établissement documente présence, localisation, état et marquage des œuvres déposées, puis répond aux observations de la Commission.

En cas de non-localisation durable, un dossier de recherches est tenu et partagé. Des signalements complémentaires peuvent être demandés; une disparition avérée peut faire l’objet d’une plainte par l’autorité compétente. Pour les évolutions récentes, voir récolement et dépôts de l’État, ce qui change pour les collections.

Les idées reçues qui coûtent le plus cher

Croire qu’un bien introuvable doit disparaître de l’inventaire

C’est l’erreur d’interprétation majeure. Un bien non localisé n’est pas radié: il est placé sous statut de recherche, avec un dossier retraçant diligences, relances et vérifications. On maintient la ligne au registre, on complète la documentation et on formalise les suites dans le procès verbal.

Cette discipline protège le musée: elle évite les suppressions irrémédiables, fonde les échanges avec la DRAC et éclaire la priorisation annuelle, en articulant récolement, recherches et conservation.

Croire qu’un récolement inachevé vaut mieux qu’un procès verbal partiel

Reporter indéfiniment la signature faute d’exhaustivité prive l’établissement d’une preuve de contrôle. Un procès verbal partiel, bien borné, vaut mieux qu’une campagne complète jamais formalisée. Il fige un état des lieux, protège les agents et structure la suite.

  • Décrivez précisément le périmètre couvert, salle par salle ou travée par travée.
  • Listez les biens non localisés et les écarts, avec la méthode de recherche prévue.
  • Datez et signez, puis archivez et transmettez selon les circuits établis.

Pour sécuriser cette étape, relisez la checklist avant signature du procès verbal de récolement.

En synthèse: un cadre clair, des preuves lisibles

Le récolement décennal, tel que défini par la loi de 2002 et l’arrêté du 25 mai 2004, exige une vérification objet par objet, un classement rigoureux des écarts et un procès verbal signé. Rien n’impose un outil officiel, un modèle unique ni un reconditionnement généralisé, tant que le résultat est vérifiable et traçable. C’est ce que facilite notre méthode: campagnes par travée, relevés hors ligne, rapprochement et procès verbal horodaté.

Sans toucher au registre d’inventaire, Cimaisia documente le constat et vous aide à produire des pièces opposables, y compris pour les dépôts. Pour dimensionner votre projet et choisir un forfait adapté, consultez les formules Cimaisia adaptées au récolement.

Menez votre campagne jusqu’au procès verbal signé

Dites nous où en est votre récolement décennal, quel logiciel d’inventaire vous utilisez et quelle échéance vous devez tenir. Vous recevez en retour une proposition de découpage par travée et une estimation du volume hebdomadaire à relever, que vous décidiez ou non de travailler avec Cimaisia.

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Portrait de Jimenez Julien, fondateur de MLJ et auteur de Cimaisia

Jimenez Julien

Fondateur de MLJ et concepteur de Cimaisia, il travaille depuis les réserves des petits musées municipaux, intercommunaux et associatifs, aux côtés des responsables de collections qui mènent seuls leur récolement décennal. Il suit aussi les dépositaires publics d’œuvres de l’État qui doivent répondre à la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art.

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