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L’auteur

Jimenez Julien, l’homme qui a écouté les réserves

Cimaisia n’est pas né devant un tableur de fonctionnalités. Il est né dans une allée d’un mètre entre deux travées métalliques, en écoutant une attachée de conservation expliquer pourquoi elle en était à sa quatrième reprise du même relevé.

Je conçois et j’édite des logiciels métier pour des structures françaises que les grands éditeurs ne regardent pas : celles où la personne qui porte la responsabilité réglementaire est aussi celle qui déplace les caisses. Cimaisia est l’outil que j’ai construit pour les petits Musées de France et pour les dépositaires publics d’œuvres de l’État.

Portrait de Jimenez Julien, fondateur de MLJ et auteur de Cimaisia
Jimenez Julien, fondateur de MLJ, éditeur de Cimaisia. Directeur de la publication de ce site.

Ce que j’ai vu en descendant en réserve

La première réserve où je suis descendu appartenait à un musée municipal de moins de dix mille objets, dans une sous préfecture de l’Est. Le service tenait à deux personnes, une attachée de conservation à temps plein et une médiatrice qui donnait un jour par semaine à l’inventaire. La campagne de récolement décennal avait démarré quatre ans plus tôt, s’était arrêtée pendant un déménagement de collections, et personne ne savait dire avec certitude où elle en était.

Sur la table de la salle de repos, il y avait trois objets qui auraient dû résoudre le problème et qui l’aggravaient : une liste imprimée de l’export du logiciel d’inventaire, un carnet à spirale couvert de numéros au crayon, et un classeur de tableurs enregistrés sous des noms de fichiers avec des dates. Le logiciel disait une chose, le tableur en disait une autre, et le carnet portait la vérité du terrain, à condition de savoir lire l’écriture de la vacataire de l’été précédent.

J’ai passé deux jours à suivre le relevé, gants de coton compris. Ce que j’ai compris ce jour là tient en une phrase : le problème n’est pas de récoler, le problème est de prouver qu’on a récolé. Les agents savaient parfaitement travailler. Ce qui leur manquait, c’était la trace opposable de ce travail, produite au moment où il se fait et non trois semaines plus tard, de mémoire, devant un traitement de texte.

Pourquoi un outil de plus, et pourquoi celui là

Le marché du logiciel de collection est déjà occupé, et bien occupé. Gcoll2, Micromusée, Flora et quelques autres tiennent l’inventaire, la documentation scientifique, parfois la diffusion. Il aurait été absurde de proposer un concurrent de plus à des services qui ont mis dix ans à saisir leur base et qui n’ont ni le budget ni l’envie de recommencer.

Le trou n’était pas là. Le trou était entre l’inventaire et le procès verbal : ce moment où l’on quitte le bureau, où l’on descend en réserve avec une liste papier, et où toute la chaîne documentaire se coupe. C’est ce segment précis que Cimaisia occupe, et rien d’autre. L’outil se branche sur la base existante à l’import, porte le relevé terrain, produit le document réglementaire, puis rend l’inventaire enrichi. Le registre d’inventaire réglementaire reste ce qu’il a toujours été : le document de l’établissement, tenu dans son logiciel.

Ce choix a une conséquence commerciale que j’assume : Cimaisia ne pourra jamais devenir le système central d’un musée. Il ne cherche pas à l’être. Un outil qui fait une chose et qui la finit vaut mieux qu’une plateforme qui commence tout.

Ce que la loi impose, et ce que le terrain permet

Le cadre est clair et ancien. La loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France pose le principe du récolement, le décret du 2 mai 2002 en fixe le rythme décennal, l’arrêté du 25 mai 2004 en détermine les modalités : plan de récolement, procès verbal, marquage, classement des biens non retrouvés. En parallèle, la Commission de récolement des dépôts d’œuvres d’art interroge les dépositaires publics, mairies, préfectures, tribunaux, hôpitaux et universités, qui doivent répondre sur des œuvres accrochées parfois depuis un siècle dans un couloir administratif.

Entre ce cadre et la réalité, il y a une distance que personne n’aime nommer. Un établissement de deux agents scientifiques ne récole pas comme un grand musée national doté d’une équipe de régie. Il récole entre deux vernissages, avec un vacataire de trois mois, un chariot, une lampe torche et zéro barre de réseau. Cimaisia a été écrit pour cette réalité là, pas pour la réalité théorique du plan de charge.

Concrètement, cela veut dire des décisions de conception qui semblent banales et qui changent tout : le mode hors ligne par défaut plutôt qu’en option, la reprise de campagne au milieu d’une travée, la dictée d’observation parce qu’on a les mains gantées, le compte temporaire pour le vacataire, et le procès verbal généré à la clôture plutôt qu’un export brut à mettre en forme soi même.

La méthode de travail

Je développe avec les établissements, pas pour eux. Chaque fonction de Cimaisia est née d’une séance passée en réserve ou d’une relecture de procès verbal par un responsable de collections qui a accepté de me montrer ses documents réels, y compris ceux dont il n’était pas fier. Les quatre catégories réglementaires ne sont pas une invention d’ergonome : elles sont recopiées du texte, dans l’ordre du texte, avec les mots du texte.

Trois convictions guident les arbitrages. La première : la donnée appartient à l’établissement, se récupère à tout moment dans un format ouvert et n’a jamais d’autre usage. La deuxième : un logiciel de conservation ne doit rien écrire dans un registre réglementaire sans une validation humaine explicite. La troisième : un outil qui n’est pas utilisable par un vacataire dans l’heure qui suit son arrivée n’est pas utilisable du tout, parce que c’est lui qui fera la moitié des lignes.

J’ajoute une règle de prudence rédactionnelle. Je n’écris jamais qu’un document produit par un logiciel serait automatiquement conforme. Le procès verbal de Cimaisia porte les mentions attendues et il est scellé, mais c’est la signature du responsable des collections et de l’autorité territoriale qui l’engage. Un éditeur qui promettrait la conformité à la place du professionnel se moquerait de lui.

Les échanges avec les prescripteurs

Le milieu est petit et il se parle. Les conseillers musées des DRAC voient passer les campagnes de tout un territoire, les associations régionales de l’AGCCPF réunissent les professionnels des collections, la Fédération des écomusées et musées de société fait circuler les pratiques, et les vacataires de récolement tournent d’établissement en établissement en emportant leurs méthodes. J’ai fait le choix de ne pas acheter de publicité et de laisser l’outil se faire connaître par ce chemin là, plus lent et plus exigeant.

Cela impose une discipline : un outil dont on parle en journée professionnelle doit tenir ses promesses devant des pairs qui vérifieront. C’est aussi ce qui explique la sobriété de ce site. Un responsable de collections ne cherche pas une plateforme séduisante, il cherche un document qu’il pourra transmettre à son conseiller musées sans avoir à le réécrire.

MLJ, l’éditeur

Cimaisia est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837, inscrite au greffe de Paris le 30 octobre 2024. MLJ conçoit et exploite des logiciels professionnels destinés à des métiers réglementés français, dont Cimaisia pour le récolement muséal.

La structure est volontairement légère et le restera. Il n’y a pas de service commercial intermédiaire : la personne qui répond à votre demande de démonstration est celle qui écrit le logiciel et qui a lu les textes. Les échanges se font par courriel, en français, dans le vocabulaire de la conservation. La facturation passe par bon de commande et Chorus Pro, parce que c’est le seul circuit compatible avec la comptabilité publique de nos clients.

Je suis également directeur de la publication de ce site. Toute remarque sur un contenu, une référence réglementaire citée ou une formulation qui vous paraîtrait imprécise est la bienvenue à l’adresse jimenezjulien42@gmail.com. Les corrections sont faites et datées.

Me suivre

Les liens ci dessous mènent à mes profils personnels et professionnels. Ils sont le moyen le plus simple de vérifier qui écrit ce site avant de nous confier une campagne.

Ce que j’écris

Mes articles dans Le Cahier de récolement

Les neuf articles du magazine de Cimaisia ont été publiés le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du site. Ils sont classés dans l’ordre du sommaire, du plus structurant au plus prospectif, et non par date.

  • Rédiger le plan de récolement décennal, travée par travée

    Périmètre, découpage par salle, vitrine, travée et étagère, ordre de passage et règle de reprise après interruption : la méthode pour écrire un plan de récolement décennal exploitable en réserve.

    Publié le , guide pratique, 8 minutes de lecture.

  • Ce que l’arrêté du 25 mai 2004 impose vraiment au récolement

    Ce que la réglementation du récolement décennal des Musées de France exige réellement, ce qu’elle laisse à l’appréciation de l’établissement, et les interprétations qui alourdissent inutilement les campagnes.

    Publié le , reglementation, 9 minutes de lecture.

  • Les erreurs de récolement qui reviennent, et ce qu’elles coûtent

    Numéros recopiés à la hâte, tableurs dupliqués pour dépanner, constats reportés au lendemain, catégorisation hâtive des écarts : comment ces fautes se propagent et ce qu’elles coûtent en reprise.

    Publié le , erreurs a eviter, 8 minutes de lecture.

  • Tableur, fiches papier ou relevé terrain : trois façons de récoler

    Comparaison de la saisie sur tableur, de la fiche papier reportée après coup et du relevé terrain synchronisé, sur la tenue en réserve, la fiabilité du rapprochement et la valeur probante du document produit.

    Publié le , comparatif, 8 minutes de lecture.

  • Une campagne de récolement, de la première travée au procès verbal

    Le déroulé complet d’une campagne reprise dans un petit musée municipal : reprise du plan, sessions en réserve, traitement des écarts et procès verbal signé par l’autorité territoriale.

    Publié le , cas d usage, 9 minutes de lecture.

  • Avant de signer le procès verbal : la liste à passer en revue

    La revue de clôture à passer avant de signer : lots réellement clos, écarts classés dans les quatre catégories réglementaires, annexes jointes, signatures et pièces à archiver.

    Publié le , checklist, 7 minutes de lecture.

  • Une année de récolement, mois par mois, dans un petit musée

    Comment répartir sessions en réserve, préparation budgétaire, renforts saisonniers et clôtures sur douze mois, en tenant compte de la fréquentation, des prêts et de la fermeture annuelle.

    Publié le , calendrier, 7 minutes de lecture.

  • Ce que coûte réellement un récolement décennal, poste par poste

    La structure de coût réelle d’une campagne : temps d’agent, renforts, fournitures de conservation, manutention, traitement des écarts et coût d’une reprise après échec.

    Publié le , chiffrage, 8 minutes de lecture.

  • Récolement et dépôts de l’État : ce qui change pour les collections

    Traçabilité de la vérification, suivi continu des dépôts de l’État et diffusion des données de collections : ce qui change pour les petits établissements et comment s’y préparer.

    Publié le , tendances, 8 minutes de lecture.